jeudi 16 mars 2017

Vivement 2018

Pour ceux qui par hasard se demandaient ce que j'étais en train de foutre dans mon placard depuis 6 piges, je vais vous répondre de façon brève parce que l'article viendra plus tard:

- mon père est partit
- mais pas aux champignons
- je m'isole
- parce qu'il n'y a que ça de bon
- c'est la guerre avec ma belle-fille
- qui a succinctement: 
1) pas payé ses loyers
2) porté plainte contre son père
3) fait une saisie sur salaire à celui-ci

Depuis je me demande s'il n'est pas billionnaire mais trop radin pour me le dire. Je vis un peu sous pression à penser que son ex et sa fille sont en train de choisir un tueur à gage. Voilà. Si je ne reviens pas dans quelques jours vous comprendrez que je suis sans doute en taule grâce à Papa qui avait beaucoup de couteaux, soit crevée du cœur parce qu'il tape beaucoup trop vite ces derniers jours.

samedi 24 septembre 2016

Femme mature

Tandis que je dressais mentalement le tableau de ma vie reluisante sur fond d'espoir avorté voire mort dans l'œuf, je constatais avec effroi que Michael Jackson était mort depuis sept ans et que je n'avais toujours pas fini ma crise d'ado. J'ai donc longuement hésité à dessiner une b* ou un symbole anarchie en guise de signature en bas de la feuille, ne me sentant absolument pas prête à m'occuper d'un homme autrement qu'en lui faisant des pi... pichades par exemple. Devant mon hésitation qui avait pris la forme d'un visage aussi blafard que glacial, les yeux inquiets de mon bien-aimé semblaient dire "Alors tu signes ou on s'encule?", ce à quoi j'aurais volontiers répondu "on s'encule", afin que ce qui en ressorte n'aille jamais à la maternelle.

Il faut dire que j'avais donné le meilleur de moi-même les 150 derniers jours, lui faisant (re)vivre les années 70 et le festival de Woodstock à moi toute seule et sans produit illicite, vomissant ça et là ma vie en m'auto-proclamant "déséquilibrée mentale". Et tandis qu'il se tapait la narration du bouquin enchanteur que je laisserai derrière moi, traitant principalement de ma relation avec des cons dans un monde de cons, je me demandais comment il lui était encore possible de vouloir apposer sa signature sur un morceau de papier qui allait sonner le glas de sa tranquillité de gentilhomme. Cet être ne devait pas me prendre au sérieux, influencé par ma tête rigolote après deux verres de rosé. Autant dire que cinq mois et deux-cent litres plus tard, je devais désormais ressembler à un clown.

De plus, j'avais passé la moitié du temps à me plaindre sur mon sort de merde avenir qui s'annonçait délicat et à crier à la cantonade, telle une féministe mal baisée brossée, que les hommes n'étaient que des putes êtres malveillants envoyés par Satan. En agissant de la sorte il était censé comprendre que j'étais schizophrène un peu parano et me larguer dès le début de l'aventure. Étrangement il n'en fut rien et sept mois après j'ai commencé à fermer ma grande bouche et à faire la cuisine. En ce temps-là j'avais vingt ans j'aimais bien la boisson mais il me prêtait sa voiture quand-même. Soit cet homme était aussi borderline, soit on allait finir mari et femme. Les deux à la fois auraient été contraignants.

La vie avait ainsi repris son cours, routinier et champêtre. Ce n'était pas demain la veille que j'allais me gratter les burnes aux Bahamas mais en attendant je survivais sans Tercian et autres en-cas pour malades mentaux. Moi qui avais toujours eu peur de l'engagement au point de ne pas prendre beIN sur ma télé, je me retrouvais avec une demi-douzaine de beaux-frères et moi-même belle-mère d'une adolescente qui hésitait entre Kevin et Marvin, avait un compte Tinder et se nourrissait exclusivement de pâtes à la bolo. Paradoxalement, j'en avais terminé avec les psychiatres. En vérité j'en aurais fait démissionner plus d'un, tant il est vrai que j'avais autant de chances de devenir belle-mère que de remplir un 90C.

Malgré le caractère bucolique de cette épopée qui avait sonné le glas de ma vie d'ado retardée, je restais mélancolique de mes anciennes amours qui étaient désormais RMIstes, mariés ou pédés, me demandant si l'une d'elles avait déjà été les trois à la fois. J'ai bien failli envoyer un message groupé pour leur poser la question mais ça faisait un peu gamine et elles m'auraient traitée de pute. Dans mon rôle de vraie femme je me sentais aussi adulte que Michael Jackson, d'ailleurs pour ne pas dépenser mon mec m'offrait des cartables Chipie.

Affaire à suivre...

jeudi 21 juillet 2016

Amnésie

Voilà je ne me rappelle de rien. Deux ans sont passés et je ne sais plus. J'ai oublié. Il paraît que cela s'appelle résilience. Je n'en sais rien. Je n'en ai que faire. Je me revois ramasser mes affaires et c'est comme si l'histoire avait démarré et achevé sa course au même instant. À ce malheureux endroit. Je ne me souviens de rien. C'est le trou noir. Celui qui aura pourtant alimenté tant de nuits blanches. Je ne me rappelle pas. Hier encore je me demandais si vous étiez trois ou quatre frères et sœurs. J'oublierai bientôt le prénom de ta mère, mais pas celui de ton père, puisque dans mon monde foireux on ne peut s'appeler Eric impunément. Je te fais ce matin mes adieux, le deuil est fait. Je ne me souviens de rien, ni de nos habitudes ni de notre quotidien. Je te quitte en sachant que je ne perds rien, que la vie peut-être t'aura donné une leçon. Et si ce n'est pas le cas qu'importe? Plus rien ne me concerne. Tu peux réussir ou crever, je ne serais même pas au courant. Longue route et bon vent.

P.S: j'attends toujours mon chèque ta race la pute.